11.02.2008

Le Langage de la Réalité / Tant de jours qui suivront...

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LE LANGAGE DE LA REALITE / TANT DE JOURS QUI SUIVRONT... / BRUNO BISARO
2004-2005, 60 pages, 12 euros
(Format : 11 x 18)
Collection "les Autoportraits en auteur dramatique"

ISBN : 978-2-917616-02-4


Parution : janvier 2009




Ce livre comprend deux textes distincts de Bruno Bisaro. Le Langage de la Réalité date de 2004. Une mise en espace de cette œuvre fut donnée la même année au Zanzibar Hôtel, théâtre de création de Ménilmontant par la comédienne Pauleoni Celiand (formée avec Bruno Bisaro à l’atelier international de théâtre de Blanche Salant et Paul Weaver). L'auteur écrivit Tant de jours qui suivront… en avril 2005 en hommage au pape Jean Paul II. Il fit une lecture de ce texte au centre gay et lesbien de la ville de Paris à l’occasion du Printemps des poètes pour son édition consacrée aux Passeurs de mémoire.



"Au moment où mon imagination m’entraîne dans la vétusté d’un théâtre frontal comme celui-ci, il me reste à vous dire qu’il nous reste aujourd’hui les moyens non littéraires de faire du théâtre.

L’un et l’autre. L’un se tient debout à l’avant scène, droit comme un i. Il a les traits de Jerry (celui de Zoo Story d’Edward Albee). Il s’amuse avec un bâton de craie. De temps en temps, il gribouille quelque chose sur la scène du théâtre. Il essaie probablement d’imiter la signature de quelqu’un. En fait, ce sont des croix qu’il inscrit sur le sol. Il est méthodique. Son jeu ne s’interrompt que lorsque l’autre prend la parole. Pour le moment, l’autre reste muet comme une carpe. Engoncé dans son costume trois pièces, il est assis sur le rebord d’un fauteuil « au revêtement incertain », au fond de la scène, plutôt côté jardin. Il porte des lunettes de vue mais ne lit pas, fume des cigarettes et non la pipe, paraît un peu plus âgé que le premier et avec son air pincé et son écharpe rose pâle, il semble tout droit sorti d’une création d’Alfredo Arias.

A l’issue de la situation A, l’un se débarrasse de son bâton de craie, l’autre le récupère et l’écrase comme s’il s’agissait d’un vulgaire mégot de cigarette.

A l’issue de la situation B, les deux brûlent avec le fauteuil (unique élément de décor), comme brûlent des faussaires ou de véritables falsificateurs de l'histoire..."

Le langage de la réalité,
farce réaliste, 2 personnages, 2004





"Moi et ma petite amie contemplions l’état de choc du garçon dans le jaune vitreux de ses yeux, et dans le blanc devenu jaune, et devant Saint-Paul qui ne bougeait pas (il ne bronchait pas), et dans cette nuit totale de refroidissement, cet état de choc nous renvoyait à nos propres états de choc, depuis la nuit des temps, depuis le jour qui se lève, depuis le premier viol de la première nuit, de la première femme, depuis la première bière, depuis la première flaque de bière de l’histoire de l’humanité de l’ère chrétienne. Cette nuit là, moi aussi, j’avais compris que je ne m’en sortirai pas…"

Tant de jours qui suivront..., 2005